Jeudi 26 juin 2008
90 % des salariés de la plate-forme de Roissy viennent travailler en voiture ! Conséquence : les voies routières d’accès à l’aéroport sont fréquemment à saturation. Comment pourrait-il en être autrement alors que 79 % des 85.000 salariés travaillent en horaires décalés (nocturne et week-end), que les conditions de transport en commun ne cessent de se dégrader pour les salariés comme pour les populations environnantes ? De plus, l’éloignement travail–logement augmente fortement l’amplitude de la journée de travail et le coût financier du transport des salariés déjà fortement précarisés, et combien sont écartés du droit au travail….

Pourtant, le développement de la plate-forme aéroportuaire est au cœur des projets d’entreprises et gouvernementaux. Cette situation engage donc la responsabilité du Président de la République et de son représentant pour le « Grand Paris », Monsieur Blanc.

Au regard des engagements non tenus de l’Etat quant au financement des transports publics, l’inquiétude des populations sur l’extension non maîtrisée de l’aéroport est justifiée. Sans parler des enjeux environnementaux en termes de pollution atmosphérique, de nuisances sonores et de santé publique. Pour s’engager dans un développement durable avec réduction de l’effet de serre, d’économie d’énergies, les directives du Grenelle de l’Environnement préconisent l’utilisation des transports en commun.

Un véritable plan d’urgence régional de transport en commun est indispensable. Il y a urgence à tenir les engagements de modernisation du transport public des lignes B et D du RER, de faire aboutir les projets (intégralité de la Tangentielle Nord, Barreau du RER B au RER D, etc…). Il est indispensable de prendre en compte les besoins des populations : maillage régional permettant de venir travailler en transport en commun à Roissy, prolongement des lignes RER et tramway, voies de liaison bus avec les villes environnantes, gare supplémentaire pour les usagers – salariés près du fret 4, développement et pérennisation d’Allo bus.

D’autre part, les modalités de financement public/privé du CDG Express, tout comme l’absence d’accès des habitants et salariés à ce moyen de transport avec la carte orange, sont une remise en cause de l’égalité entre les voyageurs. Nous ne pouvons souscrire à une politique qui oppose les usagers des transports publics, en voyageurs riches et voyageurs pauvres.

Le droit au transport en commun, avec une tarification accessible à tous, fait partie intégrante de la qualité de vie des salariés et des populations, du droit au travail. Seule, la mise en place d’un pôle public de transports sous la responsabilité du Syndicat des Transports en Ile-de-France (STIF) est à même de répondre à cet enjeu en toute cohérence. Du fait de l’intervention des élus communistes et républicains, près de 500.000 usagers bénéficient de la gratuité du transport, 500.000 autres ont une prise en charge à 75 % des droits à la mobilité.

 

                     Le Collectif « Vivre et venir travailler en transport en commun à Roissy et ses alentours ».

Par collectif vivre et travailler à Roissy
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